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En 1993 paraît cependant, dans "Les cahiers conditionnalistes", une étude
statistique [19] qui démontrerait une corrélation entre les aspects
Mercure-Saturne et les qualités de joueur d'échec. Bien que l'objet
théorique de cette étude soit fort restreint, la confirmation de sa
validité contredirait le dogme de l'impossibilité d'une influence des
astres.
Cette étude n'est cependant pas issue de la presse scientifique
reconnue au niveau universitaire, et doit donc être prise avec toutes les
précautions requises.
Les défenseurs de l'astrologie, comme certains détracteurs des sciences
humaines, apparentent parfois l'astrologie aux sciences humaines, arguant
de l'utilisation de la recherche statistique et d'une étude d'effets sans
cause physique établie.
Cette comparaison est évidemment fallacieuse,
l'astrologie statistique représentant une activité très différente de
l'astrologie elle-même.
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Il est à noter que l'astrologie statistique est
d'ailleurs une activité très marginale, dont les principes méthodologiques
de base ne sont pas nécessairement connus des astrologues.
Si l'astrologie définit relativement clairement les différentes
significations des éléments d'un thème astral
, l'étape de l'interprétation n'est en revanche pas clairement codifiée.
De fait, la complexité de cette interprétation et son caractère subjectif
semble plutôt l'apparenter à un art. Les résultats étant toujours
présentés comme liés au « talent » et à l'expérience de l'astrologue
(pour être recevable aux yeux de ses défenseurs, l'analyse doit être
faite par un "praticien compétent").
Dès lors, il est impossible d'étudier
les méthodes astrologiques actuelles selon les critères scientifiques de
reproductibilité. Cet aspect est vivement critiqué par les sceptiques,
cet argument précis étant justement utilisé par les charlatans pour
opérer une sélection a posteriori de leurs prédictions. Il a été démontré
par Henri Broch que la variabilité des résultats présentés par des sujets
réputés doués correspond précisément aux résultats de prédictions
"aléatoires". Cette démonstration, très facilement reproductible,
est consultable dans l'ouvrage "Devenez sorcier, devenez savant".
En parallèle, une autre approche se fait jour avec des
astro-psychologues qui développent parallèlement un nouveau courant
de pensée astrologique, basé sur les connaissances ouvertes par la
psychanalyse. Ils rejettent la démarche scientifique appliquée à
l’astrologie et en récuse le bien-fondé. Carl Gustav Jung qui défend
à ce moment là les concepts de symbolisme, de synchronicité et d’archétype, craint que « l’influence niveleuse des grands nombres, [ne permette] de prouver quelque chose par la méthode statistique dans le domaine de l’astrologie ». Dane Rudhyar, promoteur d’une astrologie humaniste, déclare qu’elle « n'a pas pour objet principal et immédiat de prédire des évènements sous forme de probabilités statistiques, mais d'enseigner […] l'ordre et la "forme" qui font le sens de l'existence individuelle et des luttes jalonnant le chemin de la réalisation de soi. »
Question des succès prédictifs
Les prédictions et les conjectures astrologiques sont soumise à
la double question de la précision de l'information formulée et de la
subjectivité de son destinataire[20]. Il semble intéressant pour qui
manipule les résulats d'une prédiction d'analyser le degré d'information
qu'elle contient, c’est-à-dire à la fois son caractère informatif réel
et la quantité d'éléments présentés.
Plusieurs éléments cités aux points précédents
(confrontation à un échantillon témoin et approche statistique) apportent
une explication objective à l'existence de nombreux succès prédictifs de
la part des astrologues. En effet, l'illusion statistique qui consiste à
ne présenter que les "succès" (cas des fraudes caractérisées) soit à ne se
souvenir que des prédictions efficientes (phénomène purement
psychologique) explique de façon rigoureuse une partie réelle des succès
présents dans l'imaginaire populaire.
Par ailleurs, certains succès prédictifs s'expliquent par la probabilité
objective de l'occurrence d'un évènement. Exemple fameux : prédire la mort
d'un pape dans l'année, durant les dernières années de la vie de Jean-Paul
II, était pour les astrologues un pari apparemment facile au vu de la très
mauvaise santé du souverain pontife. Sa longévité a infirmé années après
années ces prédictions, présentées comme solides. Il est à noter que
l'année de sa mort, ces mêmes astrologues pouvaient comptabiliser cette
prédiction comme un "succès".
Les bilans prédictifs des astrologues (récapitulation des prédictions
justes, au terme d'une série de séance ou d'une année) ne présentent
généralement que les "succès" prédictifs, occultant les erreurs. Si l'on
suppose la précision égale des prédictions, cette comparaison s'avérerait
pourtant intéressante. La constitution d'un grand nombre de ces bilans
prédictifs par les zététiciens démontre, selon le modèle présenté plus haut,
que les succès sont attribuables au hasard dans tous les cas étudiés.
Comportements induits par la croyance en l'astrologie
Des études sérieuses montrent enfin que la croyance en l'astrologie induit
une modification des comportements des croyants, qui peuvent présenter
une réelle tendance à conformer leurs actions avec les "prédictions" de
l'horoscope[21]. Le facteur psychologique apparait donc essentiel dans la
compréhension de l'engouement pour l'astrologie, ainsi que dans
l'interprétation des phénomènes.
Dans l'Empire romain, alors même que l'astrologie est très populaire,
les astrologues furent mis hors la loi par décret dès 130 avant J.-C. La
"mode" astrologique continuant, l'empereur Tibère met en place une
législation restrictive des pratiques divinatoires et impose des critères
de qualité à la profession d'astrologue (sous la suggestion de son
conseiller Thrasyllus, lui-même astrologue). Ces législations sont
renouvelées un siècle plus tard par Hadrien, lui-même astrologue amateur.
On retrouve la même préoccupation mille ans plus tard, quand Alphonse X
de Castille, auteur de traités astronomique et astrologique, édicte que
"La divination du futur par les astres est autorisée pour les personnes
correctement formées à l'astronomie".
Jusqu'à la fin du XXe siècle, en France, le Code Pénal comportait dans
sa partie réglementaire l'article R-34 sanctionnant "les gens qui font
métier de deviner ou de pronostiquer".Cet article a été supprimé par la
réforme du code pénal, sous la présidence de François Mitterrand[22].
On peut néanmoins remarquer que la Loi sanctionne des pratiques et des
faits, non des pensées: ces interdictions ne s'adressent donc pas à
l'astrologie en tant que telle, mais aux troubles sociaux qu'entraînent
les pratiques des charlatans qui s'appuient sur l'astrologie. En un sens,
dans le domaine de l'astrologie, la loi ne sanctionne pas l'influence
indue des astres, mais bien l'influence indue des astrologues.
L'industrie moderne de l'astrologie
Dans le Tetrabiblos, Ptolémée répond déjà à la critique centrale de
l'astrologie, son lien avec le déterminisme, en affirmant :
« Les astres inclinent mais n'obligent pas ». De même, il souligne
l'importance de la situation de naissance du sujet (héridité génétique
et sociale) dans les interprétations : "Le ciel ne donne pas à l'homme
ses habitudes, son histoire, son bonheur, ses enfants, sa richesse,
sa femme… mais il façonne sa condition".
Le relais de cette critique est pris par les théologiens, pour
lesquels la doctrine astrologique met en danger la notion de
responsabilité individuelle de l'homme face à ses actes.On trouve
trace de cette préoccupation dès l'interdiction biblique
(Deutéronome 18:10-12): "On ne trouvera chez toi personne qui fait
le métier de devin et de mage", interdiction relayées par les moqueries
des prophètes (par exemple, Isaïe 47:12-14).
Au Ve siècle, le concile de Tolède déclare "si quelqu'un croit devoir
ajouter foi à l'astrologie ou à la divination, qu'il soit anathème".Au XIIe siècle, Thomas d'Aquin
écrit, dans sa Somme théologique : « Beaucoup d'hommes obéissent à leurs
passions, auxquelles le sage résiste. C'est pourquoi, le plus souvent,
ce qui est prédit d'après l'observation des astres au sujet des actions
humaines se vérifie », les actions humaines en question concernant par
exemple les labours ou la navigation, sur laquelle il mentionne
l'influence de la Lune.
Mais il indique aussi, reprenant un argument
d'Origène : « il faut bien se garder de croire que la liberté de l'homme
soit soumise à l'influence des astres ; car alors, il n'y aurait plus de
libre arbitre, sans lequel les hommes ne feraient aucun acte de vertu,
digne de récompense, ni aucune mauvaise action qui méritât d'être punie ».
Il s'oppose donc au déterminisme astral intégral, qui conduirait à la
négation du libre arbitre et à l'idée d'une production planétaire
(et donc hérétique) du divin (cf. Dante).
Pour le théologien, ce n'est pas l'idée que les astres puissent avoir une
influence sur le comportement humain qui est en soi condamnable. Ce qui
est "une abomination devant l'Eternel" (Dt 18:12) c'est d'accorder
une importance absolue à cette éventuelle influence au point de suggérer
que le destin "est écrit", et donc que les hommes ne sont pas libres.
Loin de nous laisser impressionner par le déterminisme et par la fatalité
que propagent les astrologues (même sans le vouloir), libérons-nous, et
diminuons les astres. Qu'ils nous éclairent et nous aident, mais sans
toucher notre pleine responsabilité et liberté. (Thomas d'Aquin , Lettre
à Réginald de Piperno)
* « Nous sommes nés à un moment donné, en un lieu donné, et nous
avons, comme les crus célèbres, les qualités de l'an et de la saison
qui nous ont vu naître. L'astrologie ne prétend pas davantage. »
(Carl Gustav Jung : l'Homme à la découverte de son âme)
* « La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à
l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage. » (Voltaire)
* « Une démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme
qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l'astrologie qui
met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable
moi. » (Schopenhauer)
* « Ce qui est grave, ce n'est pas que tant de gens croient à l'astrologie,
c'est qu'ils jugent de choses sérieuses avec des têtes qui croient à
l'astrologie. » (Jean Rostand)
* « L'entêtement pour l'astrologie est une orgueilleuse extravagance.
Nous croyons que nos actions sont assez importantes pour mériter d'être
écrites dans le grand-livre du Ciel. Et il n'y a pas jusqu'au plus
misérable artisan qui ne croie que les corps immenses et lumineux qui
roulent sur sa tête ne sont faits que pour annoncer à l'Univers l'heure
où il sortira de sa boutique. » (Montesquieu)
* « En science, la vérité n'est jamais susceptible d'être prouvée
définitivement, et encore moins la non existence d'un phénomène[23].
Au mieux, une théorie explicative est bonne tant qu'elle n'aura pas été
invalidée par des faits d'expérience, et d'autant meilleure qu'elle
confirmée par de nouveaux faits d'expérience. (...)L'histoire des sciences
enseigne aussi que des idées fausses peuvent être fertiles, en suggérant
des tests expérimentaux qui, à leur tour, fourniront de nouvelles pistes
d'explications. (...) » Daniel Kunth et Philippe Zarka, in Que sais-je - L'Astrologie (2005), p.100
* « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut[24] » (célèbre maxime
hermétique)
* « Nul ne peut se prétendre médecin s'il ne connaît les bases de
l'astrologie. » (Hippocrate)
* « Vingt ans d'études pratiques ont convaincu mon esprit
rebelle de la réalité de l'astrologie. » (Kepler)
* L'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits
«Un Astrologue un jour se laissa choir
Au fond d'un puits. On lui dit : " Pauvre bête,
Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir,
Penses-tu lire au-dessus de ta tête? "
...
Outre la vanité de son art mensonger,
C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères,
Cependant qu'ils sont en danger,
Soit pour eux, soit pour leurs affaires.»
(Jean de La Fontaine : Livre II, Fable 13)
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